APPENDICE AU CHAPITRE VI
Chez les musulmans, où la polygamie est la règle, le Koran formule le
même précepte que le 1er alinéa du 6e chapitre.
«Chaque épouse a droit à la part de Dieu ou minimum de galanterie
périodiquement obligatoire.»
Un chef arabe auquel je demandais des nouvelles de sa santé, se lamenta
de ne plus pouvoir servir qu'une fois par nuit chacune de ses quatre
épouses (il avait passé la cinquantaine).
Dans l'Inde, les femmes sont toujours traitées avec douceur.
Les maris renvoient leurs femmes, mais ne les battent pas.
En Europe, c'est généralement le contraire qui a lieu, au moins dans le
peuple.
Il est même des femmes du peuple qui aiment les maris énergiques. On
connaît la chanson de Béranger: «Collin bat sa ménagère...» et les vers
de Jules Barbier sur la fille des faubourgs qui veut «un amant qui la
fouaille, depuis le soir jusqu'au matin».
Le Père Gury dit, Théologie morale, 379: Le mari est tenu de punir son
épouse lorsqu'elle commet une faute, dès que c'est nécessaire pour la
corriger et prévenir tout scandale.
381. Il doit ordinairement user, en commençant, des paroles
bienveillantes, et, si cela ne suffit pas, avoir recours à une punition
sévère (c'est là, évidemment, un reliquat du moyen âge).
«Le confesseur ne doit pas ajouter foi tout de suite aux paroles d'une
femme qui se plaint de son époux, parce que les femmes sont d'habitude
portées à mentir.»
On remarquera que ni le P. Gury, ni le cathéchisme, ne parlent
d'obéissance due par la femme au mari, tandis que le code civil la
prescrit. Napoléon a même insisté sur ce point au Conseil d'État.
Condition des femmes dans l'Inde
Les travaux des femmes, dans l'Inde, sont toujours très doux.
Les soins très simples du ménage remplis, leur seule occupation est de
filer. Tous les autres ouvrages sédentaires qui, en Europe, sont confiés
aux femmes, sont, dans l'Inde, exécutés par les hommes.
Il est vrai que les femmes des basses classes travaillent avec les
maçons, les terrassiers, les cultivateurs; mais elles sont toujours très
ménagées, et ne remplissent que des tâches faciles.
Autrefois, les deux sexes allaient nus, jusqu'à la ceinture, dans tout
le sud de la presqu'île. Cet usage existe encore sur la côte du Malabar
et dans tous les pays circonvoisins.
Le morceau de toile qui compose l'habillement des femmes des Soudras ne
couvre juste que ce que la pudeur empêche de laisser à découvert.
Les femmes riches se chargent de bijoux et ne s'en dépouillent jamais.
Les femmes Hindoues sortent librement pour leurs dévotions, leurs
affaires et les besoins de leur maison; par exemple, pour quérir de
l'eau aux fontaines publiques; et, bien que toute intimité avec
les hommes leur soit interdite, elles peuvent, néanmoins, sans se
compromettre, converser avec ceux qui viennent dans leur maison comme
connaissances et amis.
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