CHAPITRE I - Devoirs d'une femme quand elle est la seule épouse.
Une femme vertueuse se conforme aux désirs de son mari comme s'il était
un dieu. Elle s'assied toujours après lui et se lève avant lui (App. 1).
Elle prend sa charge de la famille et de la maison. Elle tient tout dans
le plus grand état de propreté (App. 2).
Elle entoure la maison d'un petit jardin où elle apporte tout ce qu'il
faut pour les sacrifices du matin, de midi et du soir, aux dieux
domestiques.
Elle révère elle-même le sanctuaire des dieux du foyer car, ainsi que le
dit Gonardiya, rien ne gagne le coeur d'un mari, d'un maître de maison,
comme l'observation des rites domestiques.
Elle aura tous les égards possibles pour son beau-père et sa belle-mère,
et pour tous les membres de la famille de son mari.
Elle évite la société des mendiantes, des _religieuses bouddhistes
mendiantes_[47], des femmes perdues, des voleuses, des diseuses de bonne
aventure et des sorciers.
[Note 47: Les mots en italique prouvent qu'à l'époque où écrivait
Vatsyayana le bouddhisme était encore en vigueur dans l'Inde.]
Elle ne fait rien avant d'en avoir obtenu le consentement de son mari
(App. 3).
Quand elle va trouver son mari en particulier, elle doit être parée de
ses ornements et de fleurs diverses et porter une robe de plusieurs
couleurs. Mais son habillement ordinaire de tous les jours sera léger et
collant.
Au cas où il aurait quelques torts de conduite à son égard, elle ne lui
en fera pas de reproches, malgré son déplaisir.
Elle soigne sa tenue de manière à toujours plaire à son mari.
Elle garde ses secrets, lui prête toute l'aide possible dans ses
affaires lorsqu'il est obligé de s'absenter pour quelque voyage.
Elle ne porte que des ornements de bon augure et observe les fêtes en
l'honneur des dieux. Elle ne sort que pour les deuils et les fêtes de
famille. Elle prend soin des intérêts de son mari.
Quand il arrive de voyage, elle le reçoit dans sa tenue ordinaire, pour
qu'il voie comment elle a vécu pendant son absence. Elle lui apporte
quelque présent et des objets qui peuvent être offerts pour le culte de
la divinité.
C'est ainsi, conclut l'auteur, qu'une femme d'une bonne conduite, épouse
ou vierge remariée, ou concubine, doit vivre purement, toujours dévouée
à l'homme auquel elle est unie, faisant tout pour son bien et pour lui
plaire.
Les femmes qui tiennent cette conduite possèdent le Dharma, l'Artha et
le Kama, obtiennent une haute considération et, généralement, conservent
tout l'amour de leur mari (App. 4).
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