CHAPITRE II - Mode de mariage ordinaire entre gens honorables.
Quand le moment est venu de marier une fille, les parents doivent la
produire le plus possible; faire bon accueil à ceux qui viennent,
accompagnés de leurs parents et amis, pour rechercher sa main; et, sous
un prétexte quelconque, la leur présenter bien parée.
Quand la demande est faite par des intermédiaires, les parents de la
jeune fille invitent ces personnes à prendre le bain et à dîner, mais
ajournent leur réponse, pour ne pas paraître trop pressés.
Le prétendant doit se retirer en cas de mauvais présages; par exemple
si, au moment où on présente sa demande, la jeune fille dort, crie ou
est absente de la maison.
Le prétendant doit faire agir ses amis auprès des parents de la jeune
fille; ils dénigrent par tous les moyens possibles ses rivaux et le
louent lui-même jusqu'à l'exagération, surtout sous les rapports
auxquels la mère de la jeune fille attache le plus d'importance.
L'un des amis, _sous le déguisement d'un astrologue_[39], pronostique
la prospérité et la richesse futures du prétendant, en faisant voir
les présages et les signes heureux, la bonne influence des planètes,
l'entrée opportune du soleil dans le signe du zodiaque le plus
favorable, les étoiles propices et les marques de bon augure sur son
corps.
D'autres affidés éveillent la jalousie de la mère, en lui insinuant que
le prétendant a chance de faire un mariage plus avantageux, lors même
que cela ne serait pas [40].
Lorsque les parents ont consenti au mariage, celui-ci s'accomplit
suivant les rites prescrits par le livre saint pour les quatre sortes de
mariage (App. n° 1 et 2).
[Note (39): On voit que, déjà à cette époque, l'astrologie était un
moyen de tromperie et de charlatanisme d'un usage général.]
[Note (40): Il appert de là que la supercherie et le mensonge étaient
en toute occasion des moyens autorisés et même conseillés par les
Brahmanes.]
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