APPENDICE AU CHAPITRE I
N° 1.--Hermaphrodisme.
Les hermaphrodites femelles ou femmes à long clitoris, ou tribades, ont
généralement les seins, la matrice, les ovaires très peu développés; le
pubis aplati, les hanches étroites, les formes sèches, le système pileux
abondant, la lèvre supérieure garnie de poils, la voix forte et tous les
traits d'une virago.
Elles n'ont aucun penchant pour les hommes. La plupart recherchent,
au contraire, les femmes pour les caresser virilement. Cette sorte de
tribades était nombreuse à Rome[38].
[Note 38: La tribadie est le vice qui fait rechercher aux femmes leurs
semblables pour se frotter l'une contre l'autre par plaisir; d'où le nom
de fricatrices qui leur a été donné.]
Les tribades examinées par le docteur Martineau dans sa clinique n'ont
offert rien de particulier (sauf le développement des grandes lèvres)
dans la conformation de leurs organes sexuels. Les seules remarques que
Roubaud ait faites sur elles est l'absence presque complète des seins et
leur goût très prononcé pour l'équitation.
Martial, 67 du livre VII, a fait contre l'une d'elles l'épigramme
suivante:
«La tribade Philenis sodomise de jeunes garçons; toujours en érection,
jamais assouvie, jamais ne molissent, elle dévore en un jour onze jeunes
filles. La robe retroussée, les membres frottés de la poudre jaune, elle
lance le disque et reçoit toute souillée de boue dans la lutte les coups
de fouet des lutteurs. Elle ne se met à table qu'après avoir vomi sept
mesures de vin, puis elle en avale autant avec seize des pains préparés
pour les athlètes. Après cela, elle plonge sa langue, non dans la bouche
des hommes, mais dans les appats secrets des jeunes filles, pour faire
acte de virilité.»
Hermaphrodites mâles.
Les hermaphrodites mâles ou hommes imparfaits dont les testicules sont
restés dans le ventre ont une espèce de vulve, un simulacre de vagin,
des mamelles quelquefois assez développées, des formes arrondies,
une voix grêle, peu ou point de barbe. Ces êtres languissent dans
l'impuissance jusqu'à ce qu'un effort de la nature ou un accident jette
hors du ventre les testicules qui y étaient restés cachés: alors ces
sujets équivoques deviennent des hommes.
Dorothée Perrin, née en Russie en 1780, réunissait complètement les deux
sexes; les organes virils étaient placés au-dessus du vagin; elle aurait
pu se féconder elle-même.
N° 2.--Causes d'empêchement au mariage aux yeux de l'Église.
Toutes les causes d'empêchements énumérées par Vatsyayana sont physiques
ou sociales. Il n'est pas sans intérêt de les rapprocher de quelques
causes d'empêchement au mariage aux yeux de l'Église.
Nous avons déjà donné, au chapitre III du titre II, les article 810,
811, 812 de la _Théologie morale_ du P. Gury, relatifs à l'alliance.
Voici, maintenant, ceux qui concernent l'impuissance.
855. «L'impuissance antécédente et perpétuelle, soit absolue, soit
relative, rend le mariage non-valable, d'après le droit naturel, parce
que l'objet du contrat conjugal fait absolument défaut, puisque l'union
sexuelle est impossible.
«L'impuissance, connue d'une manière certaine, rend l'usage du mariage
illicite, même pour un simple essai; du moment que l'union sexuelle ne
peut être parfaite, la fin qui rend ce commerce licite n'existe pas.
859. «Sont réputés impuissants: les eunuques privés des deux testicules,
mais non ceux qui n'en n'ont qu'un.
«Dans le doute au sujet de l'impuissance antécédente ou conséquente, on
permet l'union aux époux jusqu'à ce qu'ils se soient bien assurés que
leurs efforts sont restés impuissants.»
N° 3.--Croisements.
Les empêchements pour cause de mésalliance étaient évidemment motivés,
chez les brahmanes, par la connaissance de l'hérédité. Cette hérédité a
été reconnue de tout temps, et n'est guère contestée aujourd'hui. Les
interdictions pour cause d'alliance doivent avoir été motivées par
la connaissance qu'on avait déjà, du temps de Vatsyayana, de l'effet
avantageux et même de la nécessité du croisement des races et des
familles. Ces interdictions sont légales et absolues en Chine.
Influence du père et de la mère dans la procréation.
Le père transmet à ses filles les formes de la tête, de la charpente
pectorale et des membres supérieurs, tandis que la conformation du
bassin, de l'abdomen et des extrémités inférieures est transmise par la
mère.
Pour les fils, c'est le contraire: d'où il résulte que les garçons
procréés par des femmes intelligentes seront intelligents, que les
filles procréées par des pères capables hériteront de leurs capacités.
En général, la mère transmet à ses fils ses qualités morales, et le père
transmet les siennes à ses filles (docteur Debay).
Le croisement des races, des nationalités, des tempéraments et des
constitutions, est une des conditions principales de la callipédie.
C'est pourquoi les régions non susceptibles d'être cultivées par des
Européens sont prédestinées à être de plus en plus peuplées et dirigées
par des mulâtres. De même qu'Abdel-Kader l'a observé pour la race
chevaline, il a été reconnu aux colonies que, dans le croisement des
races humaines, l'influence du père est prépondérante surtout pour les
formes et les qualités extérieures, notamment pour la couleur.
Un fait généralement constaté, c'est l'attrait des blonds ou races
blondes pour les brunes ou races de couleur. Les femmes espagnoles et
arabes, et les femmes noires ou cuivrées à tous les degrés aiment les
Anglais et les Français, sans doute à cause de leur fraîcheur. Le goût
des blonds pour les brunes est bien moins général, aussi les croisements
tendent-ils à faire prédominer et à répandre les qualités supérieures
des races blondes.
L'imagination et la vue continuelle de beaux types ont une grande
influence sur la callipédie. Les belles statues, les belles peintures
qui autrefois remplissaient la Grèce, et remplissent encore l'Italie,
jouent certainement un rôle important à ce point de vue.
Le très grand développement qu'ont pris, depuis un demi-siècle, en
Europe et principalement en France, les arts du dessin, la photographie,
la sculpture, etc., doit avoir eu déjà et avoir dans l'avenir une
influence dans le sens de la callipédie, surtout au point de vue de
l'expression de la physionomie.
N° 4.--Anomalies sexuelles.
Les anomalies sexuelles si bien étudiées déjà par le docteur Gautier
pourront, par les progrès de la science, entrer de plus en plus dans le
droit civil et ecclésiastique, comme empêchement au mariage.
Certaines peuplades, notamment en Afrique (Delaporte, _le Voyageur
français_, 1872), sont signalées comme pratiquant le _mariage
à l'essai_. C'est le seul criterium absolument complet des
incompatibilités sexuelles. Le relâchement des moeurs et l'abandon
croissant de l'institution de la famille en propagent l'application.
Malheureusement ce remède est pire que le mal à conjurer.
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