CHAPITRE III - Les Aphrodisiaques.
Voici comment on les prépare.
Dans du lait sucré, on met beaucoup de poivre Ghaba, et on y ajoute
tantôt: 1° Une décoction de la racine de l'uchala, ou bien des graines
de la sanseviera, roxbourgiana, et, 2° de l'hédysarum gangeticum, ou du
jus de cette plante avec elle, 3° Du jus de Kuiti et de la Kshirika,
4° Ou bien une pâte composée avec l'asperge rameuse et des plantes
schvadaustra et goudachi, avec addition de miel et de gui (on sait
que ce dernier jouait un rôle dans une préparation magique chez les
Druides). 5° Ou bien une décoction des deux dernières plantes, avec des
fruits de premna spinosa. 6° Lait sucré dans lequel on fait bouillir
des testicules de bouc ou de bélier. 7° Mélange de miel, de sucre et
d'esprit, tous trois en quantités égales. Le jus de fenouil dans le lait
est un aphrodisiaque saint, qui prolonge la vie et se boit comme le
nectar. 8° Une décoction multiple, analogue aux cinq premières indiquées
ci-dessus, fouettée avec des oeufs de moineau (comme oiseau très
amoureux) rend un homme capable de satisfaire beaucoup de femmes.
Une autre composition très compliquée, ne renfermant que des végétaux,
donne à l'homme le pouvoir de servir un nombre illimité de femmes.
L'aphorisme suivant (en vers) donne la règle générale sur la matière:
Les moyens de produire la vigueur et l'amour sexuels doivent être
empruntés à la médecine, aux védas, à la magie, et à des parents
discrets.
On ne doit en essayer aucun d'un effet douteux ou nuisible à la santé
ou nécessitant soit la mort d'un animal quelconque, soit un contact qui
occasionne une souillure.
On ne doit user que de ceux qui sont _saints_, consacrés par
_l'expérience et approuvés par les brahmanes_[34].
[Note 34: Les mots en italique montrent bien le caractère religieux,
c'est-à-dire obligatoire que le Kama Soutra attache aux conseils et aux
règles qu'il formule.]
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