CHAPITRE IV - Des morsures.
On peut mordre toutes les parties du corps que l'on baise, excepté la
lèvre inférieure, l'intérieur de la bouche et les yeux.
Les qualités des dents sont: l'éclat, l'égalité entre elles, les
proportions convenables, l'acuité aux extrémités.
Leurs défauts sont d'être rudes, molles, grandes et branlantes.
On distingue plusieurs sortes de morsures: celles non apparentes, ne
laissant sur la peau qu'une rougeur momentanée;
La morsure gonflée: la peau a été saisie et tirée comme avec une
tenaille;
Le point: une très petite portion de peau a été saisie par deux dents
seulement;
Corail et joyau: la peau est pressée à la fois par les dents (les
bijoux) et les lèvres (le corail);
La ligne de joyaux: la morsure est faite avec toutes les dents;
Le nuage brisé: ligne brisée formée de points sortant et rentrant par
rapport à un arc de courbe, à cause de l'intervalle entre les dents;
La morsure du verrat: sur les seins et les épaules, deux lignes de dents
marquées les unes au-dessus des autres, avec un intervalle rouge.
Les trois premières morsures se font sur la lèvre inférieure; la ligne
de points et celle des joyaux, sur la gorge, la fossette du cou et aux
aînes.
La ligne de points seule s'imprime sur le front et les cuisses.
La morsure gonflée, et celle dite corail et joyau, se font toujours sur
la joue gauche dont les traces d'ongles et de dents sont considérées
comme les ornements.
On témoigne à une femme qu'on la désire en faisant, avec les ongles et
les dents, des marques sur les objets suivants qu'elle porte ou qui
lui appartiennent: un ornement du front ou des oreilles, un bouquet de
fleurs, une feuille de béthel ou de tamala.
Voici à ce sujet quelques vers:
«Quand un amant mord bien fort sa maîtresse, celle-ci doit, d'une feinte
colère, le mordre deux fois plus fort.»
Ainsi, pour un point, elle rendra une ligne de points; pour une ligne de
points, un nuage brisé.
Si elle est très exaltée, et si, dans l'exaltation de ses transports
passionnés, elle engage une sorte de combat, alors elle prend son amant
par les cheveux, attire à elle sa tête, lui baise la lèvre inférieure;
puis, dans son délire, elle le mord par tout le corps, en fermant les
yeux.
Et même le jour et en public, quand son amant lui montre quelque marque
qu'elle lui a faite, elle doit sourire à cette vue, tourner la tête de
son côté comme si elle voulait le gronder, lui montre à son tour, d'un
air irrité, les marques que lui-même lui a faites.
Quand deux amants en usent ainsi, leur passion dure des siècles sans
diminuer.
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